Séance 8 : l'utopie des Troglodytes 

(lettres 11, 12, 13, 14)

1. Ces quatre lettres constituent un apologue dans la mesure où elles illustrent une morale et constituent un récit. La morale est aisément identifiable : tout peuple fermé sur lui-même, incapable de solidarité envers ses concitoyens, court nécessairement à sa perte.

Ainsi nous montre-t-il l'image d'habitants aux comportements égocentriques : ce sont les premiers Troglodytes, ceux qui s'apparentent à de rustres animaux, car ils sont « velus comme des ours ». Faute d'entraide, leur race s'éteint. 

L'autre exemple est celui des bons et vertueux Troglodytes qui savent faire passer les besoins des autres avant les leurs. Ils vivent dans la tranquillité et savent faire face habilement aux dangers venus de l'extérieur.

Le lecteur, comme Mirza, en déduit alors la morale : il faut faire passer l'intérêt collectif avant le sien propre.

2. Quel est l'ensemble des procédés permettant à Montesquieu de donner à cet épisode une valeur générale, universelle ? Les trois réponses étaient correctes. Comme Voltaire dans ses contes philosophiques, Montesquieu donne un caractère universel à son récit de plusieurs manières : il ne situe pas précisément ni dans le temps ni dans un lieu précis son histoire (l’Algérie, oui, mais cela reste bien vague). Les Troglodytes ne sont jamais réellement personnalisés. Ce sont des "jeunes filles" ou des "jeunes hommes" sans réelle identité ou caractère.

C'est une façon pour Montesquieu de faciliter l'identification du lecteur à ces personnages et de recourir à une argumentation indirecte comme le ferait une fable.


3. Cette société est utopique dans la mesure où elle est imaginaire et idéale. L'harmonie qui règne entre les êtres peut être résumée ainsi : « ils avaient de l'humanité ; ils connaissaient la justice ; ils aimaient la vertu ». Vous aurez également noté une autre marque de l'utopie, à savoir l'utilisation d'un vocabulaire mélioratif. Et comme toute utopie, ce texte adresse un message à ses lecteurs (voir question 1) : un peuple doit être uni et ni la religion ni la politique ne doivent en désolidariser les membres.


4. Pourquoi le vieillard refuse-t-il de devenir roi ? Si le vieillard refuse, c'est qu'il estime que le peuple en a déjà un, la vertu. Il craint aussi, c'est suggéré dans son discours ô combien pathétique, que le peuple retombe ainsi dans des comportements égocentriques, comme c'est le cas au sérail.

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